Retour

Vaincre le stress : une clef de la longévité

Imprimer cet article

" alt="photo hero">
image de fond

L’espérance de vie est influencée non seulement par le mode de vie, mais aussi la qualité de vie d’une personne  qui subit un stress intense.

 

Ce que je redoute le plus dans le stress, ce n’est pas qu’il tue, c’est qu’il empêche de goûter la vie », écrivait Jean-Louis Servan-Schreiber dans l’Art du Temps* en 1983. Le stress n’est pas qu’un ennemi puisqu’il est un moteur essentiel à l’action. Mais, qu’il soit dû au travail ou à des problèmes personnels, il peut s’avérer extrêmement négatif s’il est répété: en s’insinuant dans les méandres de la vie quotidienne, en devenant chronique, il impacte fortement la santé. C’est un facteur de risque cardiovasculaire reconnu et on le suspecte de déclencher bien d’autres pathologies. «  Le stress, et plus particulièrement l’excès de stress chronique, peut avoir des conséquences importantes sur l’espérance de vie. De nombreuses études scientifiques ont démontré que beaucoup d’infarctus du myocarde pouvaient être liés à des situations de stress. On a décrit aussi le fameux « Takotsubo » ou syndrome du cœur brisé qui peut conduire au décès après un choc émotionnel : il concerne surtout les femmes après la ménopause », souligne le Dr David Gourion, psychiatre à Paris, auteur du best-seller « Anti-Stress »** .

 

Petits capuchons au bout des chromosomes

 

Le stress est pourvoyeur de maladies cardiovasculaires mais on le suspecte également de favoriser certains cancers, maladies qui réduisent aussi l’espérance de vie. Les mécanismes qui conduisent à ces pathologies sont aujourd’hui mieux connus. « Quand vous êtes extrêmement stressé, votre hygiène de vie est moins bonne. Vous mangez différemment, vous grossissez plus, vous consommez plus d’alcool et plus de tabac : ce qui conduit au diabète, au surpoids, à l’hypertension… On sait aussi que les dépressions et les troubles anxieux liés au stress répété entraînent une augmentation des hormones du stress -notamment l’adrénaline et les corticostéroïdes- mais aussi une modification du système immunitaire. Ce qui provoque une d’inflammation chronique peut aussi conduire à une augmentation du risque de cancer ou de maladies cardiovasculaires », explique le Dr Gourion. Comment éviter d’en arriver là ? On peut tout d’abord tenter de mesurer l’impact du stress chronique sur l’organisme avec un marqueur biologique : la longueur des télomères. Ces petits capuchons, au bout des chromosomes, protègent notre matériel génétique. Mauvaise nouvelle : plus on vieillit et plus on est stressé, plus ces télomères sont grignotés et raccourcissent… Et plus l’espérance de vie se réduit. « Même si ce marqueur-là ne peut pas encore être réalisé en routine – mais il le sera peut-être demain- c’est un assez bon indicateur  du vieillissement et de l’âge biologique», souligne le Dr Gourion. Bonne nouvelle : on peut faire marche arrière. De nombreux travaux de recherche ont montré l’efficacité de certaines stratégies pour réduire son stress et augmenter sa capacité de résilience. « L’hygiène de vie, dans ce domaine, a fait ses preuves : la régularité des rythmes veille/sommeil, une alimentation saine et équilibrée avec des fruits et légumes, l’activité physique régulière, deux à trois fois par semaine, éviter l’alcool et les drogues évidemment… Et on connaît mieux aujourd’hui l’importance de techniques comme la relaxation, la méditation, le yoga : ce sont de véritables antidotes au stress, ce qui a été montré par des études scientifiques extrêmement sérieuses», explique le Dr Gourion. L’équation est donc simple : réduire son stress, c’est gagner en qualité de vie mais aussi en espérance de vie !

 

*éditions Fayard

**éditions Marabout