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0 – L’éternelle jeunesse du rat taupe nu

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Il va vraisemblablement nous servir à décrypter certaines clés de la longévité

Par son incroyable durée de vie et son étonnante résistance aux maladies, ce petit rongeur fascine des chercheurs du monde entier. Et s’il détenait les clefs de la longévité humaine ?

Originaire de la Corne de l’Afrique où il évolue dans des galeries souterraines, le rat-taupe nu n’a pas un physique de jeune premier : avec sa taille de souris, il arbore une peau rose, plissée et dépourvue de poils. Il est quasiment aveugle, gratifié de deux incisives proéminentes et d’une longue queue. Il ne change pas en vieillissant puisqu’il conserve cette apparence corporelle tout au long de son existence.
On l’aura compris, le rat-taupe nu ne gagnera jamais un concours de beauté. Mais il ne manque pas d’atouts.

« Le premier, c’est qu’il vit extrêmement longtemps : 30 ans. C’est énorme si on le compare à un animal de la même taille. Par exemple la souris vit deux à trois ans : lui dix fois plus ! Je vous laisse imaginer ce que cela représenterait à l’échelle humaine : une longévité de plusieurs siècles », s’exclame le Pr Gérard Friedlander, physiologiste, doyen de la Faculté de médecine de l’Université de Paris.

Autre record : la ménopause survient le plus souvent après 18 ans chez les femelles, les mâles pouvant procréer jusqu’à l’âge de 20 ans. Enfin, leur force musculaire reste intacte jusqu’à leurs 25 ans environ, avec une activité physique tout aussi performante. Leur densité osseuse demeure élevée, quasiment jusqu’à la fin de leurs jours.

Un modèle inspirant pour l’homme

Vivre longtemps, c’est bien.
Mais vivre longtemps en bonne santé, c’est mieux.
Le rat-taupe nu résiste aux pathologies pourvoyeuses de décès chez l’homme.
« Il ne développe pas de maladies cardio-vasculaires : peut-être parce qu’il a su s’adapter à son environnement. Et on ne constate aucune modification de ses artères au cours de son vieillissement. Il ne développe pas non plus de maladies neurodégénératives, par exemple Alzheimer : on ne sait pas encore pourquoi.
Et il ne développe pas de cancers. Quand on essaye de lui greffer des cellules cancéreuses, de façon expérimentale, il les rejette. C’est donc un animal qui, au-delà de ses performances naturelles, est un modèle de longévité et de protection contre les maladies, extrêmement inspirant pour l’être humain 
», souligne le Pr Friedlander.

Bien sûr, de l’animal à l’homme, il y a un pas qu’on ne peut pas franchir. Il n’empêche : le génome du rat-taupe nu est proche du notre, avec plus de 95% de gènes en commun. Une cellule de rat-taupe nu ressemble, comme deux gouttes d’eau, à une cellule humaine.

« Il va vraisemblablement nous servir à décrypter certaines clés de la longévité. Si on découvre les mécanismes qui protègent les cellules de ce rongeur, on sera sans doute capable de protéger nos propres cellules », espère le Pr Friedlander.

 

De nombreuses équipes scientifiques, en France comme à l’étranger, étudient actuellement la biologie captivante de cet animal. Certaines affirment pouvoir annoncer des découvertes importantes très prochainement.