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10 – Les cellules sénescentes : une des clefs pour comprendre le vieillissement

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La sénescence cellulaire est un état où une cellule n’a plus la capacité de se diviser mais refuse également de mourir.
Dr Ogrunc

Les cellules sénescentes intéressent de plus en plus les chercheurs car leur présence excessive dans les organes peut avoir de sérieuses conséquences sur la santé et l’espérance de vie.

Ces dernières années, en étudiant des modèles animaux ou des cellules humaines in vitro, plusieurs équipes de recherche ont démontré qu’un grand nombre de maladies liées à l’âge avaient un point commun : une accumulation délétère de cellules dites sénescentes. Un terme dérivé du latin « senex » qui signifie « vieil homme » ou « grand âge ».

 « La sénescence cellulaire est un état où une cellule n’a plus la capacité de se diviser mais refuse également de mourir. Quand nous sommes jeunes, notre système immunitaire les détecte et les détruit. Lorsque nous vieillissons, il ne les élimine pas aussi efficacement. Elles s’accumulent alors dans nos organes et dans tout notre corps », explique le Dr Müge Ogrunc, Directeur de Recherche, chez Starkage Therapeutics à Lille.

« Les cellules sénescentes sécrètent des substances chimiques appelées SASP, elles provoquent une inflammation locale, endommagent les cellules voisines et favorisent les maladies liées à l’âge. Par conséquent, elles sont parfois aussi appelées cellules zombies car elles transforment les cellules voisines saines en cellules sénescentes », poursuit le Dr Ogrunc.a

Le vieillissement s’étend ainsi en « tache d’huile » dans chaque organe.

Ni blanc ni noir

La non-destruction de ces cellules par le système immunitaire peut donc induire une inflammation excessive et l’apparition de maladies inflammatoires métaboliques, comme le diabète de type 2 ou l’obésité.
Ces cellules vieillissantes sont aussi mise en cause dans l’arthrite, l’ostéoporose et l’athérosclérose, la fibrose pulmonaire ou encore la cataracte. Mais aussi dans des pathologies neurodégénératives, comme les maladies de Parkinson ou d’Alzheimer.

L’origine des cellules sénescentes est multiple

En cause : le raccourcissement des télomères (les extrémités des chromosomes), le stress oxydatif qui endommage l’ADN ou encore une hyper-activation de gènes qui favorisent la prolifération des tumeurs…

La relation entre la sénescence cellulaire et le vieillissement de l’organisme est encore mal élucidée.
Dans ce domaine, rien n’est tout blanc ou tout noir. En effet, les cellules sénescentes n’ont pas un rôle exclusivement négatif. De nombreuses études scientifiques ont aujourd’hui démontré leur impact déterminant dans le développement embryonnaire ou la cicatrisation des plaies cutanées.

Elles ont un rôle positif car elles nous protègent aussi contre le stress cellulaire
Dr Ogrunc.

« Elles ont un rôle positif car elles nous protègent aussi contre le stress cellulaire, contre les dommages de l’ADN faisant ainsi barrière au développement de cancers. Elles diffusent des cytokines qui, parfois, ont des effets positifs : lors d’une coupure, elles aident à la régénération tissulaire en accélérant le processus de cicatrisation », indique le Dr Ogrunc.

Cependant, du point de vue du vieillissement, leur responsabilité est importante. C’est pourquoi aujourd’hui des équipes de recherche travaillent activement à mettre au point des traitements capables de les éliminer. Leur pari : ralentir le vieillissement de l’organisme et éviter les maladies liées à l’âge.